Catégories
Pages
S'abonner

Comment je revois mes exigences numériques à la baisse

Publié le Monday 6 August 2012 dans la catégorie DayByDay

De toujours, les performances de nos outils numériques n'ont de cesse de se décupler. De plus en plus puissants, on en oubli trop souvent où s'arrêtent nos besoins en voulant toujours d'avantage.

Ça pourrait être un sujet de philosophie : le besoin et le désir. A-t-on besoin de tout ce dont on dispose, où est-ce qu'on change de MacBook ou d'iPhone tous les ans par plaisir ? J'ai voulu faire un point avec vous sur les outils que j'utilise aujourd'hui, et leur profonde utilité, à une époque où les MacBook Pro Retina représentent la tentation extrême pour beaucoup de personnes, et que les rumeurs sur l'iPhone 5 grandissent de jour en jour.

Qui suis-je ? Quels sont mes besoins ?

La bonne question commence là. Avant de savoir de quel matériel on a besoin, il faut commencer par savoir ce qu'on va en faire.

Je suis donc un jeune con prétentieux de 25 ans. Je travaille dans le secteur informatique pour un grand groupe, et je n'ai pas besoin de matériel personnel pour cette activité.

A côté, j'ai un site web sur lequel je partage un maximum d'astuces, de découvertes et d'activités. Pour ce site j'ai besoin de réaliser au minimum trois vidéos en HD par semaine, et quelques dizaines de photos. S'ajoutent les projets Xperience pour lesquels j'ai besoin de réaliser au maximum deux longs métrages par an et quelques centaines de photos.

Sur mon temps libre, je réalise divers contrats photos, et je dois donc traiter un petit millier de photos par semaine. Ces photos se réalisent le plus souvent pour des couvertures évènementielles, et n'ont dons pas besoin d'être dans une qualité irréprochable pour être publiée sur un support Internet.

J'ai donc besoin d'un ordinateur mobile (puisque je me déplace beaucoup), de supports de stockage de qualité et en quantité, d'une certaine puissance pour pouvoir traiter photos et vidéos, et d'un bon appareil photo et/ou caméscope.

Mon matériel actuel est-il adapté ?

En l'état actuel des choses, je dispose d'un MacBook Air 2011 i5 SSD 128 GB RAM 4 GB, d'un iPhone 4S et d'un Sony Alpha 77. Est-ce que ça me suffit ?
Pour ce qui est des photos et vidéos, l'Alpha 77 me suffit très largement. Ce boîtier est excellent, sa solidité n'a pas à rougir face à un 7D ou autre appareil photo à papa. Sony a mis en place un miroir semi-transparent qui permet d'avoir un autofocus et une rafale d'images plus rapide. Il propose également les panoramas par balayage et d'autres assistances qui font la facilité d'utilisation des NEX. C'est ce genre de détails qui me font dire que les boîtiers Nikon et Canon sont des APN à papa, certes performants (sans être fabuleux non plus) mais qui ne proposent réellement aucune nouveauté pour le confort du photographe.

Pour le traitement de toutes mes photos et vidéos, le MacBook Air est en revanche assez léger (mouahaha). L'écran est petit pour attaquer des traitements photos, ou des montages vidéos dignes de ce nom, le processeur pédale un peu dans la semoule quand on parle d'exportation de fichiers, et surtout, il m'oblige à avoir toujours un stockage externe pour mes librairies, donc fragile.

Analyse logique de la chose

Le fonctionnement que j'ai toujours eu consiste à me dire :

OK, j'ai un ordi qui n'est plus adapté pour traiter mes fichiers, donc je change d'ordi.

Sauf que la logique que j'ai maintenant est :

OK, j'ai un ordi qui n'est plus adapté pour traiter mes fichiers, mais est-ce que j'ai besoin de fichier d'une aussi grande qualité ?

Les fichiers photos : du RAW natif au JPEG pourri

J'ai toujours été de ceux qui shootaient en RAW. Pour tous les avantages évidents que fournit le RAW, à savoir une possibilité d'édition quasi illimitée, des photos brutes et non-traitées par le boîtier, la possibilité de développer soi-même ses clichés comme jadis. Mais voilà... le retour de manivelle c'est que chacun de mes clichés fait au minimum 24 Mo, et ça pique.

Comme je disais dans l'article sur ma semaine en Suisse, de simples photos de voyages n'ont pas besoin d'être shootées en RAW. Il s'agit juste de faire de la photocopie de ce qu'on voit, pour pouvoir regarder à nouveau plus tard. Capter un moment suffit, je n'irai pas faire une désincrustation sur ce type de clichés.

En Suisse, j'ai donc pris la décision de ne shooter en RAW que lorsque cela serait réellement nécessaire : en shooting client (studio ou extérieur) quand on me demande de proposer une photo de qualité et que je vais passer du temps en traitement dessus. Pour tout le reste, je ne vois pas la différence avec le JPEG fournit par mon Alpha 77. Je fais même les photos de soirées en JPEG, et non plus en RAW (de toute façon, ça finit sur Facebook à la fin, et la qualité Facebook...)

Certes, notamment sur ces photos de soirées, ou même sur mes photos de tous les jours, je vais perdre en possibilité de rattraper des tons clairs ou tons foncés, mais de la même manière que shooter avec une focale fixe apprends à se déplacer pour trouver un meilleur point de vue, j'affirme que shooter en JPEG m'apprends à mieux gérer l'exposition au moment de déclencher. C'est vrai, si on peut tout rattraper en post-prod, pourquoi s'emmerder à shooter comme il faut ? Sans parler de l'immense avantage d'avoir un format de fichier "standard" qui n'a pas besoin d'être développé pour être partagé.

Je divise donc par trois le poids de mes photos (ou pas loin) et j'accélère mon temps de traitement (puisque la photo se charge plus vite. Du coup, mon MacBook Air s'en sort très bien. La seule limitation à laquelle je ne peux rien, c'est la taille de l'écran (mais qui devient un sérieux avantage en déplacements).

Les fichiers vidéos : de l'AVCHD au MPEG

Là encore, et selon la même logique, j'ai diminué la qualité des fichiers vidéos que je produis. Parce que je fais des vidéos toutes simples tous les jours, que j'en fais beaucoup en randonnée par exemple, passer de l'AVCHD au MPEG me permet de diviser par deux la taille de mes fichiers sans me rendre compte de la moindre différence une fois que le film final est exporté.

Là encore, plus besoin de passer par un logiciel de traitement pour récupérer les fichiers : le MPEG est lisible directement par tous les lecteurs, là où c'est (beaucoup) plus délicat pour les fichiers AVCHD qui ont (souvent) besoin des informations associées pour être lus.

Ici, ça ne change pas vraiment la vie à mon MacBook Air, mais au lieu de traiter des fichiers lourds tout le temps dans l'hypothétique éventualité où je devrai traiter l'un d'entre eux, j'ai des fichiers "légers" que je ne convertis dans iMovie que si j'ai besoin d'accélérer un plan, par exemple.

Bilan : des économies de temps et d'argent

On rejoint donc ce que je disais au début de cet article : a-t-on besoin de filmer son chat sauter de fauteuil en fauteuil en 1080p à 60 fps ? Je ne pense pas. A-t-on besoin d'avoir des fichiers bruts de toutes nos photos ? Je ne pense pas non plus.

Il est certains cas où la qualité maximale est de rigueur : quand vous savez devoir faire un traitement important par la suite, ou qu'il s'agit d'un évènement important (en vidéo) que vous voudrez conserver longtemps (les premiers pas de votre fils par exemple). Pour le reste, je pense qu'il faut être un peu détendu du slip et faire un point de temps en temps sur son usage. Ma réflexion personnelle a pris deux bonnes semaines, et je la partage aujourd'hui avec vous. Elle m'a fait économiser presque 3'000 euros d'un MBPRetina que je pensais avoir besoin.

Comme je disais au commencement de ce site : l'important n'est pas ce que l'on a, mais ce que l'on en fait.

Article écrit par LoKan Sardari Citoyen du monde, curieux par nature, amoureux de notre belle Terre, passionné de nouvelles technologies et d'images.