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Très chers Facebook et Twitter : vous chiez dans la colle

Publié le Monday 24 December 2012 dans la catégorie DayByDay

Facebook et Twitter, je vous aimais bien, avant que vous ne vous décidiez à considérer davantage l'argent que vos utilisateurs rapportent, que les utilisateurs eux-mêmes.

Photo "Café du matin" par LoKan Sardari

Facebook

Facebook, je t'aimais bien, avant que, comme Google, tu ne te décides à vouloir contrôler Internet et les sociétés qui proposent des services innovants sur celui-ci. Dernièrement, le fiasco des conditions générales d'Instagram est bien la preuve de ce que tu veux arriver à faire : rendre communes toutes les activités de tout le monde, les analyser pour les revendre à des annonceurs et ainsi, proposer de la publicité ciblée sur ta plateforme. Non, je suis désolé, je ne cautionne pas ce genre de choses.

Beaucoup de gens, ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, diront qu'ils se fichent de ce type de modifications. Ce sont les mêmes gens qui refusent de voter quand on leur en donne la possibilité, même chez toi, Facebook. Tu as demandé à tes utilisateurs s'ils voulaient continuer à être consultés pour les modifications majeures du réseau, et personne n'a pris 30 secondes dans sa vie remplie de vide pour dire "Oui, je veux qu'on me demande avant de partager avec le premier venu ce que je mets sur Facebook". Ce sont ces mêmes gens qui poussent nos pays à la catastrophe, car ils se fichent de tout, ne sont concernés par rien, et croient pourtant avoir des leçons à donner à tout le monde.

Ces gens, Facebook, c'est la mine d'or de tes utilisateurs. Ceux qui partagent tout et n'importe quoi, sans réfléchir au fait que ce qu'ils mettent sur la toile sera forcément public à un moment ou à un autre. Tu fais de l'argent sur ces gens là, ceux qui sont idiots par fainéantise, et tu as raison. Je méprise ces utilisateurs qui transforment des réseaux pourtant bien pensés en lieux de massacre de la langue française et des valeurs essentielles comme le respect. Ces gens méritent de souffrir pour leur passivité révoltante, mais avec eux, ils nous entraînent dans leur chute.

C'est pour ça, Facebook, que je ne t'utiliserai plus aussi fréquemment que j'ai pu le faire par le passé. Tu n'es devenu qu'une perte de temps, un lieu de partage, certes, mais avec qui ? Je veux me battre pour un Internet libre et ouvert, avec des personnes qui en comprennent les enjeux. Sur ton réseau, j'ai trop souvent l'impression de m'adresser à des gamins de 10 ans dont les parents eux-mêmes ne comprennent pas ce qu'est Internet. Je me refuse à perdre le temps qui me manque déjà sur ta plateforme, alors je te regarderai de loin. J'ai toujours une utilité à t'avoir dans un coin, comme carnet d'adresses, ou comme zone publicitaire pour mes activités, mais je ne me confierai plus à toi. C'était bien, mais ça ne l'est plus.

Twitter

Quant à Twitter… Ah… Twitter… Je crois que tu es ma vraie histoire d'amour sur le net. J'adore partager avec toi, et tes utilisateurs. Du moins, j'adorais. Jusqu'au jour où toute la masse de Facebook s'est dit qu'il y avait quelque chose de mieux ailleurs, quelque chose de différent, et ce jour là, l'esprit de Twitter s'est perdu dans la masse.

J'ai trouvé une phrase qui résumait parfaitement la situation Facebook/Twitter quand j'ai connu le deux réseaux : "On vient sur Twitter pour être franc avec de parfaits inconnus, alors qu'on va sur Facebook pour mentir à ses amis." C'est exactement l'idée initiale. Twitter était un monde franc, simple et honnête. Une petite bulle d'Internet encore préservée du monde extérieur, des idiots et des naïfs. On s'y retrouvait "entre geeks", pour partager sur tous les sujets, s'aider. Je me souviens qu'au début de LoKan.fr, je passais du temps à expliquer aux gens comment configurer leur Mac, je les aidais. Maintenant, c'est beaucoup plus individualiste, même moi. Trop de "masse", plus assez "d'esprit".

Ensuite, Twitter, tu as décidé de te fermer sur toi-même, alors que ton point fort était justement ton ouverture. Tu fais payer des "jetons de connexion" aux entreprises qui éditent des logiciels pour accéder à ta plateforme, mais il ne faut pas oublier que si ces logiciels ont du succès, ce n'est pas parce que les gens aiment payer des applications tierces ; c'est juste parce que tes propres applications manquent cruellement de fonctions. J'ai l'impression que maintenant, tu agis comme toutes ces sociétés de production musicale qui décident de taper sur ceux qui téléchargent illégalement, au lieu de proposer des alternatives valables. Ce comportement ne résout pas le problème de base, et ne fait que transporter une activité dans l'ombre. Maintenant, les gens se cachent un peu plus pour télécharger, mais ils téléchargent toujours, car il n'existe aucune alternative intéressante pour le moment. Le principe est le même quand j'utilise ton application mobile, sur iPad ou iPhone ; je prends des publicités dans ma timeline tout le temps, alors qu'en passant par une application tierce, tout est beau, propre, simple.

Conclusion

Twitter, Facebook, je vous aimais beaucoup, vraiment, mais aujourd'hui, vous chiez dans la colle. Je ne vous considère plus que comme une perte de temps inutile. Twitter est encore une source d'information intéressante, et j'y passe encore du temps, mais pour combien de temps... Je reviens donc sur la position que j'avais à l'époque, bien avant de m'inscrire sur Facebook et Twitter : j'ai un site, un mail, et un numéro de téléphone. Si ceux qui ont ces informations veulent de mes nouvelles, libres à eux de me contacter par un de ces moyens.

De mon côté, je ne veux plus perdre mon temps sur ces plateformes qui ne m'apportent rien que des discussions stériles. J'ai trouvé un réseau qui me correspond parfaitement pour le respect qu'il a envers ses utilisateurs, et la simplicité de son interface, il s'agit de Flickr. J'adore la photo, et je préfère passer plus de temps sur cette activité, ou ma montée en compétences professionnelles. Twitter et Facebook sont comme des éponges ; ils se nourrissent de nous, et de ce que l'on y confie, sans apporter quoi que ce soit. Un chiffre en face d'un texte disant "amis" ou "followers" ? Mes amis se comptent sur les doigts d'une main, je n'ai pas besoin de réseau pour m'en souvenir. Ce qui m'emmerde, en revanche, c'est de devoir passer par Facebook et Twitter pour partager cet article. Vous avez dit "hégémonie" ?

Article écrit par LoKan Sardari Citoyen du monde, curieux par nature, amoureux de notre belle Terre, passionné de nouvelles technologies et d'images.