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Les libertés selon les Mitterrand's

Publié le Tuesday 15 September 2009 dans la catégorie DayByDay
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Au terme d'un vote serré, notre cher hémicycle a voté "Hadopi 2", un greffon législatif destiné à compléter la partie non censurée du texte Hadopi 1. Un peu après 16 h 30, l'Assemblée s'est exprimée, par 285 voix contre 225. Si je compte bien, ça nous fait 55% d'idiots qui ne savent même pas ce qu'est le peer-to-peer, le direct download, ou les réseaux BitTorrent, mais qui décident tout de même à notre place. Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a salué la loi qui permet de "rompre enfin avec le laisser-faire", sous les huées de l'opposition. Il s'est bien gardé de préciser qu'il ne connaissait même pas la signification du sigle "HADOPI".

L'essentiel du projet de loi Hadopi avait été validé et promulgué avant la pause estivale, mais le volet sanction a été mis à jour pour prendre en compte la censure du Conseil constitutionnel , intervenue en juin. Le texte initial prévoyait la suspension, par l'exécutif et non par le judiciaire, des connexions des internautes récidivistes. Depuis, le gouvernement a transformé sa riposte avec Hadopi 2 : ce n'est plus l'autorité administrative qui coupera l'accès à Internet, mais un magistrat saisi par l'Hadopi, via un canal accéléré et dédié.

Même après ce vote, la suspension de l'accès internet en cas de téléchargement illégal n'entrera pas en vigueur immédiatement. Comme le précise au point.fr le rapporteur UMP de la loi, Franck Riester , il reste deux étapes au Parlement : une commission mixte paritaire et un vote définitif. De plus, les députés de l'opposition socialiste ont déjà annoncé qu'ils saisiraient de nouveau le Conseil constitutionnel, dont il faudra attendre l'avis.

Ce qui est marrant, c'est que pour appuyer cette loi, le monde du disque montre en exemple le précédent suédois. Depuis le 1er avril, la loi IPRED (équivalent de notre Hadopi) est en vigueur chez nos amis scandinaves. Et soudain, au deuxième trimestre de l'année 2009, les ventes numériques de musique ont décollé de 78 % par rapport au second trimestre 2008. Le SNEP, à travers son président, David El Sayegh, y voit donc une illustration bénéfique d'une réglementation des échanges sur Internet. "Le dispositif suédois est moins sophistiqué que le nôtre, commente-t-il. Il permet au juge d'identifier les contrefacteurs à travers leur adresse IP et la loi prévoit des sanctions pécuniaires, voire pénales." Avant l'adoption de cette loi, le marché de la musique, en Suède, était un peu différent : les ventes numériques progressaient peu : + 6,3 % entre 2007 et 2008 là où la France enregistrait un bond de 49 %. Quant aux ventes physiques, elles se tassaient de 7 % en Suède contre 15 % en France. Pour autant, certains observateurs ne partagent pas l'analyse du SNEP. Selon eux, le marché du digital en Suède a été dopé par l'essort de Spotify, la plate-forme mondiale d'origine suédoise. Le boom des ventes numériques serait dû à Spotify et ne témoignerait pas du marché suédois mais des ventes mondiales du site...

Vous connaissez bien entendu ma position la dessus, comme sur la grande distribution: si les intermédiaires se gavaient un peu moins, il n'y aurait pas autant de soucis. En effet, au risque de me répéter, sur un album vendu l'artiste touche moins de 1€. Pour ceux qui comme moi n'achètent jamais d'albums mais ont une très grosse bibliothèque, un album est le plus souvent étiqueté aux alentours des 20€. 20€!!!! Pour de la musique!!! Et 1€ va à l'artiste. La différence c'est pour qui? Pour les majors, qui se gavent, comme d'habitude. Officiellement, il paraît qu'il y a des frais de pubs, et des frais de pressage de CD's (en vrai, c'est peanuts). Mais dans ce cas, pourquoi un album sur iTunes coûte tout de même 10€, et que l'artiste y perçoit toujours moins de 1€. Il n'y a plus de pressage, plus de pubs, c'est Apple qui s'occupe de tout. Tout simplement car les majors prennent les artistes (et nous aussi) pour des cons. Ils se gavent, pour manger du caviar à la louche. C'est d'ailleurs ce qui a conduit eminem a coller un procès à sa maison de disque car il touchait autant sur les ventes en ligne que sur les ventes physiques.

Arrêtons donc cette mascarade s'il vous plaît. Arrêtons de s'occuper des conséquences et non des causes. Prenons le problème à la base, et réglons le une fois pour toute. Ah mais non, je suis bête, le système est corrompu. Bon, on fait tout péter? En attendant, téléchargez le plus que vous pouvez, vous avez mon aval, et vous savez que je suis le premier à vous proposer de bons liens sur Twitter.

Article écrit par LoKan Sardari Citoyen du monde, curieux par nature, amoureux de notre belle Terre, passionné de nouvelles technologies et d'images.